affaibli par une plaie à la jambe droite qui allait orienter toute sa vie. Dix années de combat spirituel vont le préparer à sa grande œuvre.
Camille est brusquement attiré par la vie franciscaine, mais il en est sagement dissuadé par son oncle maternel, lui-même franciscain, qui se méfie d’une exaltation passagère.
En 1569, il part donc se faire soigner à Rome, où l’hôpital Saint-Jacques-des-Incurables jouit de la réputation de posséder les meilleurs chirurgiens. Pour bénéficier des soins gratuitement, Camille se fait embaucher dans le personnel bien qu’il n’éprouve aucun attrait pour ce genre de profession. L’expérience ne dure qu’un mois. Il est congédié pour mauvais service: la passion du jeu l’a repris, et les rives du Tibre l’attirent, où les bateliers sont d’excellents joueurs. Mais c’est guéri de sa plaie que Camille quitte l’hôpital.
L’année 1569 s’achève. Camille se fait enrôler pour l’Orient. En 1571, le voilà à Corfou en proie à une dysenterie aigué. Il a 21 ans, et il va mourir... Il prie, il implore. Dieu envoie un prêtre à son chevet. Il est en paix pour le grand passage. . . Mais ô surprise, le lendemain il est guéri ! Cette guérison l’amène à s’interroger avec lucidité. II décide de rester encore dans l’armée, tout en écoutant les murmures du ciel.
Il s’enrôle alors dans l’armée des seigneurs de Venise en guerre contre les Turcs. Quatre années de campagnes épuisantes vont suivre. En 1574, quand les galères vénitiennes, après de multiples combats, touchent finalement Naples, sa milice est licenciée. Camille se retrouve sur le pavé de Naples sans un sou en poche. Avec une rage accrue par le désespoir, Camille se lance dans le jeu avec fureur. Il perd... perd encore... perd toujours... Il ne lui reste que sa chemise pour enjeu. On la lui gagne aussi... Sa cape, son arquebuse... son épée. En moins d’une heure on lui a tout raflé... Force lui est de s’arrêter de jouer.
Depuis vingt ans opprimé par cette habitude tyrannique, Camille est en pleine tempête. Il rencontre un ancien compagnon d’armes, lui aussi ruiné, qui l’emmène à Manfredonia, dans la région des Pouilles, espérant retrouver un embarquement. Leurs espoirs sont déçus. Camille est réduit à la mendicité. Il se fait embaucher pour des travaux de bâtiment dans un monastère des Capucins. Le travail est rebutant, exténuant. Un jour, redescendant du monastère voisin des Capucins du mont Gargano (couvent l’origine du monastère San Giovanni Rotondo rendu célèbre par saint