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quatre évangélistes est celle du tombeau vide. Le corps de Jésus ne s’y trouve plus. Où est-il ? La première explication est de dire que le corps a été dérobé. C’est ce que pense d’abord Marie-Madeleine. D’une façon plus équivoque, les gardiens de la tombe vont dire la même chose, affirmation curieuse de la part de ceux qui étaient chargés d’en empêcher l’accès. Par contre, les anges que les femmes rencontrent au tombeau sont affirmatif : « II n’est pas ici; il est ressuscité. » Cette déclaration est très vite confirmée par le Christ lui-même qui leur apparaît.
En fait, personne n’a été témoin du moment même de la Résurrection. On nous ne dit pas comment cela s’est passé. Simplement « l’Ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus » (Mt 28, 2). Le tombeau ouvert et vide n’est pas la preuve immédiate du Christ ressuscité. On peut y découvrir, cependant, les bandelettes posées à part et le linge qui avait recouvert la tête, roulé à part dans un autre endroit. Il n’y a pas eu donc de véritable enlèvement. Pierre en fait le constat mais il n’en tire sur le moment aucune conclusion. Par contre, le disciple qui l’accompagnait « entra à son tour dans le tombeau ; il vit et il crut » (Jn 20, 8).
Peu à peu une évidence s’impose. Jésus est vraiment ressuscité par la puissance de Dieu. Il ne s’agit pas d’un simple retour à la vie comme ce qui est arrivé à Lazare sorti du tombeau à l’appel du Christ « les pieds et les mains attachés par des bandes, et le visage enveloppé d’un linge » (Jn 11, 44). La résurrection de Jésus n’est pas la réanimation de son cadavre ni son retour à la vie temporelle. Elle échappe à notre condition mortelle. Son corps glorieux n’est plus soumis aux exigences physiques de notre condition humaine. Il est transfiguré. Jésus vit de la vie même de Dieu.
C’est pourquoi sa nouvelle condition physique n’est pas perceptible immédiatement. Marie-Madeleine le prend pour un jardinier. Les disciples d’Emmaüs le regardent comme un compagnon de voyage. Saint Pierre et ses amis, qui sont en train de pêcher, ne le reconnaissent pas de suite au bord du lac de Tibériade. Chaque fois, le Christ doit se faire reconnaître soit par un mot, un geste ou une interpellation.
La réalité du Christ ressuscité n’en est pas moins évidente. Ses apparitions