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Par sa mort sur la croix, le Christ exprime son don d’amour le plus parfait. Il ne supprime pas la mort puisqu’il a accepté de s’y soumettre. Par contre il démontre que son emprise peut être dominée par la puissance de son Amour qui est celle de Dieu. C’est le triomphe de la Vie. La fête de Pâques est celle du passage de la mort à la vie, à l’exemple du peuple hébreu qui triomphe de la mort auquel il était destiné en Egypte pour aller vers la terre promise. C’est à quoi nous sommes appelés.
Le Christ n’est pas ressuscité à sa vie antérieure, à la vie de ce monde. Son corps glorieux est le corps de lumière d’une chair transfigurée. Sa résurrection est l’explosion d’une vie nouvelle à laquelle nous sommes appelés. Saint Paul s’en explique longuement aux chrétiens de Corinthe qui mettaient en doute la résurrection des morts. « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui sont morts. En effet, puisque la mort est venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts... Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (I Co 15, 20-2 1, 57).
La foi en la résurrection ne voit pas dans la résurrection de Jésus une exception à la loi commune, mais l’apparition d’une loi nouvelle, et avec elle d’un monde nouveau dans lequel la mort n’a plus cours. Le sacrement du baptême exprime cette réalité à laquelle nous devons aspirer en suivant le chemin que le Christ nous a tracé. Le monde nouveau où la mort est vaincue est un monde dans lequel la logique de l’amour est vécue jusqu’au bout. Le tombeau ouvert du matin de Pâques est le signe que la vie ne peut pas être enfermée dans la mort. Le Christ n’y est plus et nous invite à en sortir. C’est ce que disent les deux anges aux saintes femmes : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? II n’est pas ici, il est ressuscité » (Lc 24, 5).

            Jean Devred